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AIDE A LA JEUNESSE : APPEL A UN SURSAUT CITOYEN


Voici quinze jours que les institutions politiques francophone, wallonne et bruxelloise vivent au ralenti avec des conséquences dommageables pour l’intérêt public en général et les nombreuses politiques concertées qui étaient proches de leur aboutissement et de leur mise en œuvre en particulier.

Nous ne nous attachons pas à identifier les responsabilités d’une issue qu’il nous faut bien considérer comme fort irrespectueuse à l’égard de l’immense travail fourni dans bien des domaines par l’ensemble des acteurs de terrain intéressés. Nous pensons aux politiques de l’emploi, de l’enseignement, de la petite enfance, aux accords du non-marchand et à bien d’autres encore.
Nous ne nous sentons pas concernés par les causes de la rupture, mais bien par les conséquences déterminantes pour l’avenir de politiques qui améliorent le sort de citoyens fragilisés que toute politique responsable devrait prendre en considération en toute première intention.

Ça n’a pas été d’évidence le cas.

En ce qui concerne le secteur de l’aide à la jeunesse, de l’aide à l’enfance (1912) à la loi relative à la protection de la jeunesse (1965) jusqu’au décret de l’aide à la jeunesse (1991), bien du chemin a été parcouru et il faut bien reconnaitre que les occasions ont été rares de faire progresser les politiques sectorielles.

Un projet de Décret portant le code de la prévention, de l’aide à la jeunesse et de la protection de la jeunesse était sur le point d’achever son parcours d’avis préalables et de consultations pour être soumis au vote du Parlement de la Communauté française. Ce texte avait notamment pour objet de renforcer la politique de prévention en faveur des jeunes et de leur famille.

Mais pas seulement.

Le projet de décret, qui devait notamment intégrer les mesures relatives aux mineurs en conflit avec la loi, suite à la dernière réforme de l’état, posait des choix importants quant à la manière de prendre en charge ces jeunes. Les principes de la justice réparatrice et les objectifs d’éducation et de réparation nous paraissent essentiels. En effet, la façon dont une société traite les jeunes en difficulté ou en rupture en dit beaucoup de cette société, et le choix possible d’autres orientations politiques est source de préoccupation quant à la question du droit de ces jeunes.

Le projet de décret envisageait également de réformer en partie l’aide à la jeunesse, et devait permettre aux AMO de suivre des jeunes jusqu’à l’âge de 22 ans, ce qui correspond à un besoin constaté dans la pratique.

Une réflexion approfondie avait été entamée concernant les arrêtés de mise en application du décret. Nos services ont investi de nombreuses heures de travail pour analyser le code, émettre un avis, partager, échanger. Un temps de travail nécessaire et payé, ne l'oublions pas, par la collectivité.

Il n’entre pas dans nos intentions d’avancer que les textes étaient parfaits, mais il convient cependant de souligner que des progrès significatifs avaient été réalisés, qu’un premier refinancement conséquent du secteur avait été obtenu et qu’un travail de concertation riche et fructueux avait été engagé.

Ce premier refinancement était reconnu comme limité et insuffisant par un grand nombre d'associations, de services et de travailleurs face à l'augmentation des problèmes vécus par une multitude de citoyens.
Il est encore à ce jour indispensable que les budgets octroyés à ce secteur soient rapidement augmentés, ce qui a été largement exprimé dans la presse et dans la rue par les fédérations et les syndicats.

Tout ce travail est compromis et les bénéfices substantiels acquis pour les enfants, les jeunes et leur famille seront peut-être perdus.

C’est, nous le répétons irrespectueux et dommageable.
Nous demandons avec force que le travail entamé puisse se poursuivre et aboutir.

Nous demandons, quelle que soit la majorité à la manœuvre, que le projet de décret code soit voté et que le travail de concertation entamé pour la rédaction des arrêtés de sa mise en application soit poursuivi.

Nous en appelons au sens des responsabilités de nos politiques et au sens de l’intérêt public qui doit les animer en toutes occasions.

Jacques DUCHENNE
Président
0495/25.98.93